• Madonna sur Orbit

     

     

    Depuis que je poste sur ce blog, chacuns des sujets qui ont étés mis online jusqu'à présent, je les aient abordé plus ou moins avec facilité mais là par cruel manque d'inspiration les semaines et les mois ont défilés sans que je sache comment aborder la chose ; sans doute que son titre a été mal choisi... parce que c'est vrai qu'au départ je voulais suggérer l'inspiration céleste de Madonna en 1998 lorsqu'elle a fait appel à l'excellent William Orbit, producteur et remixeur de musique techno-ambient anglais. N'y voyez donc aucune position du kamasutra à travers ce titre évocateur « Madonna sur Orbit » mais plutôt l'atterrissage réussie de la fusée Ciccone sur un petit bout de planète où se mêlent joliment les sonoritées hindoues-arabisants aux ambiances hystériques d'une guitare électro. Alors je vais faire simple, vous conter une histoire, un récit, un événement, une rencontre entre deux génies de la musique. Un récit toutefois agrémenté de bizarreries dialectiques, aah bah ouais sinon c'est pas marrant !

     

    Mars 1997 le temps est au brouillard, un appartement exigüe dans les sous-sols du mainstream anglo-saxon, un homme frêle au teint blafard et visage creusé, bidouille sur des machines, trifouille des touches produisant des sirènes et autres cliquetis lorsque soudain sa concentration est interromptue par un coup de téléphone ; William O. décroche rapidement, c'est un certain Guy Oseary, 25 ans, Président de Maverick Records la maison de disques créée par Madonna qui l'appelle pour lui demander de lui envoyer quelques brides de son travail, car Madonna serait intéressée par son travail. William croit d'abord à une blague et racroche « mais oui bien sûr, et la marmotte... », lorsque le téléphone retentit pour la seconde fois, certainement que Oseary est plus convaincant, lui promet un dîner aux chandelles, un snickers, et un gros chèque, en tout cas, celà suffit à convaincre William de lui envoyer un CD de démo avec 13 chansons torchées (cf. Torch Song -oouulllaaa je suis allé la chercher très loin celle-là-) plus ou moins aboutis y figurant. La vie reprend son cours, et William poursuit ses expérimentations musicales dans sa cave de 18 m2 de l'Angleterre underground.

     

    Le 18 mai 1997 c'est Madonna en personne qui rappelle William O. et l'invite à la rejoindre à New-York car elle bosse déjà sur certains de ses morceaux. Ni une ni deux, comprenant à peine ce qui lui arrive, le facteur frappe à sa porte, un billet allé simple pour la Big Apple, direction l'aéroport.

    Début juin, William O. débarque à NYC par une belle journée ensoleillée en temps normal mais là, l'histoire veut qu'il pleuve à torrent, alors soit ; il pleut à torrent. Notre vaillant et très mouillé Will frappe à l'appartement de la madone avec vue imprenable sur Central Park ; Mado le perçoit comme sensible et attachant avec beaucoup de potentiel... çà c'est la version officielle édulcorée car en réalité notre ami ressemble plus à un SDF maigrichon, le verre de ses lunettes pleine de buée et le poil aussi ras qu'un matou rachitique tombé dans une rigole... Bref ! La conversation se faisant autour d'une tisane d'eau de kabbalie et de plante verte lyophylisée d'un quelquonque jardin tibétain à 30,000£ le gramme, magie opère ; le travail peut commencer.  Une semaine dans les studios Hit Factory après des essais en tout genre, déjà une symbiose s'installe. L'aventure se poursuit à Los Angeles dans un studio high-tech avec technologie de pointe et table de mixage automatisée notamment, changement radical pour Orbit qui a l'habitude de travailler avec un vieil ATARI ST 1040 datant des années 80 tel un grand ado nerd-attardé qu'il est, maaaiis néanmoins génial et bourré de talent, je le rappelle pour ceux qui ne suivent pas. Pour continuer dans la catégorie des compliments lèche-cul en tout genre il est également autonome, indépendant... mais étourdi, et il va vite faire les frais pour son côté un peu trop tête en l'air lorsqu'il est censé amener le travail qu'il a fait sur « the power of goodbye » et qu'il se trompe de bande, la star n'appréciera pas... mais alors pas du tout, selon des sources sûres.

     

    Assez peu de musiciens figurent au crédit de cet album, Orbit fait pratiquement tout mais l'instrumentalisation s'avère difficile puisqu'il passe des heures en studio à se saigner le bout des doigts sur les cordes de ses guitares et se brûler les empreintes digitales sur les touches des claviers sans compter les fois où la machinerie tombe en panne (son vieil Atari prendra feu à deux reprises), ce qui ralenti considérablement la cadence... Madonna qui a l'habitude de travailler vite, prendra son mal en patience, d'autant plus que cette expérience colle parfaitement à son train de vie spirituelle qu'elle a décidé de mener à travers la Kabbale. Patiente car l'enregistrement du joujou prendra par ailleurs 4 mois, un record ! Patiente encore parce que depuis 1 an et demi, elle est mère d'une petite Lourdes Maria -Lola pour les intimes- et que c'est un boulot qui demande un investissement quasi-total.

     

    Mais qu'importe, l'alchimie entre nos deux compères est bien là et le futur nous démontrera que les accouchements les plus difficiles font les plus beaux enfants, « Ray Of Light » en est de ceux-là ; 15 328 mouchoirs trempés de sueur plus tard, Madonna accouche de son bébé discographique le plus abouti dirons certains ; le 7e opus studio le plus chargé de lumière, de ténèbres, de joie et de mélancolie, tout à la fois ! Le plus profond, le fort émotionnellement (« little star » « mer girl » notamment) et le plus planant si on a pris soin de fumer Marie-Jeanne avant ou pendant qu'on l'écoute. Madonna a gagné sur la justesse de sa voix qu'elle pose parfaitement sur les gammes d'Orbit. Elle a su regagner également le coeur de ses fans (inquiets durant la période 1994-1997 qu'elle ne revienne plus avec un bon tube à danser) et elle a su regagner le respect et des médias du monde entier et des gens de la profession, puisqu'entre-autres, « ROL » abrègerons-nous à permis à l'artiste underground qu'est Orbit d'apparaître au grand jour mais surtout a pu recevoir moultes reconnaissance et prix de tout bords, tout supports confondus (album, singles, vidéos, performances) Ce disque transpire de sincérité, on n'aura jamais connu une Madonna aussi sereine, çà se voit, çà se ressent et çà fait du bien par où çà passe.

     

     

    « Ray Of Light » sort le 2 mars 1998 sur le continent européen, Patrick Leonard, Victor Calderone et Marius DeVries signent également certains titres. Pat Leonard est présent pour rassurer la frange dure des fans de toujours mais surtout pour que la griffe madonna soit préservée. J-Randy Taraborrelli dans son livre admet qu' « elle ne voulait pas perdre son identité, juste élargir son champ d'action ». Cela n'empêche pas à l'album de marquer un tournant radical dans la carrière de la chanteuse et lui ouvrir en grand les portes de la musique électronique vulgairement appelée « techno » ; comme elle le dit elle-même : « en général, les gens ont des idées trop prétentieuses sur la musique. A savoir si c'est de l'art ou non. Une musique simple et accessible leur semble forcément commerciale et malhonnête ; a contrario ils crient au génie dès qu'ils entendent des morceaux complexes... »

     

     

     

    sources :

    « ma soeur, la plus grande star du monde... », Christopher Ciccone – éditions du Toucan, 2008

    « madonna l'intégrale », Daniel Ichbiah - éditions City, 2008

    « instant-mag2 spécial Madonna » - éditions tear prod, 2007

    « madonna biographie intime », J-Randy Taraborrelli – éditions le cherche midi, 2004

     

     

    Franck Schweitzer


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