• Prends çà dans ta face... A

     

     
    I was 16. The day i bought my first vinyls in a consignment shop... The beginning of my collection
     
     
     J'ai 16 ans. Je suis devenu archi-fan de Madonna à peine il y a un an et je comprend seulement à quel point le moindre objet à collectionner suscite toutes les convoitises et enflamme les passions. Je me souviens il y a un an dans les couloirs du lycée ma meilleure amie Nora (fan de la première heure) se séparait de 90% de sa collection madonnesque et a eu la fantastique idée non pas de tout jeter mais de m'en faire part à moi sachant que j'allais en prendre le plus grand soin. Dans la cohue d'une inter-classe, elle me tend les bras chargés d'un volumineuse pochette remplis de cartes postales, posters, fiches chansons et articles de presse... Je ne découvrirai ces trésors une fois de retour à la maison, ce vendredi soir-là j'oubliais mes devoirs de mathématiques et de comptabilité pour me concentrer uniquement sur du découpage, collage, sélectionnage. L'actualité madonien est très très calme, je me tiens aux nouvelles du mieux que je peux en achetant la presse pour ados et en appellant très tard le soir un numéro en « -0800 » surtaxé pour avoir les dernières nouvelles de la star, j'ai vu une pub dans star-club ; n'ayant pas encore Internet qui de toute façon ne voit que ses balbutiements dans les foyers français.

     

    Nous sommes en 1995, pour le dernier show en date je ne l'étais pas encore et pour le prochain j'y serais, peut importe l'endroit ou le prix quitte à économiser ou à voler dans le portefeuille de ma coinçée de mère, le prochain spectacle de la madone je veux faire partie de son public et ce, à tout jamais ! Pour l'heure avec les 50 francs que j'ai en poche, obtenu en cadeau de Pâques par mes grands-parents -grâce leur soit rendue-, le père d'un ami fan lui aussi nous emmènent tout deux dans un dépôt-vente dans « la seconde plus grande ville » à côté de chez moi afin d'y passer une partie de notre samedi après-midi à chiner, à débusquer de vieux 45T de Madonna des années 80, je débute dans l'apprentissage de sa biographie, de sa musique, ses films, savoir à quelle époque date telle ou telle photo découpée soigneusement d'un de ces magazines et collée tout aussi soigneusement dans les pages de mon agenda scolaire. Niveau collection, la mienne est encore relativement mince mais commence à s'étoffer petit à petit au gré de mes emplettes, finalement je me dis que sans la plus grosse partie généreusement offerte par Nora, je perdrais encore un temps fou à mettre la main sur de vieux documents d'avant-1994, ceci constituera donc une base à ma collectionnite d'achats futurs. A l'heure actuelle je ne possède en albums que « bedtime stories » (le premier album de Madonna que j'ai acheté, cette époque-ci résonne comme quelque chose de très symbolique pour moi) et « the immaculate collection » best-of qui plus est, que chaque personne psychologiquement équilibré fan ou non doit posséder dans sa discothèque. Tout en glanant mon argent de poche deçi delà à l'achat de TOUT les albums (studios, compils, bandes-originales) je me décide à partir à la recherche du vinyl : cette forme noire, ronde pourvue de microsillons, digne précurseur de notre disque compact laser actuel qui a fait tant parler de lui pendant très longtemps, souvenir sucré de mon enfance où je ne connaissai la couleur mélodique qu'au travers de Chantal Goya, Douchka, Billy, les Ministars, les forbans, Annie Cordy, Gérard Blanchard... mais je me souviens du toucher, de l'odeur, des quelques secondes introductives à ce grésillement si particulier chers à nos oreilles nostalgiques, lorsque cette bête-là que les grands appelaient 45T ou 33T sans que ne sache jamais vraiment de quels nombres ou de quels tours il s'agisse, mes parents posaient délicatement sur son socle le tout aidé d'un énigmatique bras qui parfois bougeait de lui-même au bout duquel se trouvait un diamant, ce diamant si fragile, si pur, si indispensable sans qui aucune magie n'opèrerait...

     

    Je pénètre dans le grenier aux trésors et au milieu de tout les meubles, vaisselles et autres accessoires divers, j'aperçois au loin, très loin à droite au fond du hangar un panneau indiquant « « VHS/DVD/K7/CD/Vinyles » je m'y précipite égoïstement sans prévenir mon ami qui m'accompagnait de peur qu'il ne trouve un « objet-madonna » que je n'ai évidemment pas mais que je veux et qu'il convoite lui aussi... Etait-ce finalement une si bonne idée qu'il m'accompagne ?! Je ne vois plus rien ni personne, j'ai 50 francs avec moi et je sais qu'ici se trouve mon bonheur et pour pas cher vu que tout ces objets de médias aujourd'hui désuets ne trouvent de valeur légitime au fond qu'à celui qui veut bien lui en donner. L'adage « plus c'est rare, plus c'est cher » n'a pas cours ici ! Ici les mots rois sont fouiller, dénicher, acquérir. Au pire vu que j'ai fais le déplacement, je me dis que même si je devais repartir sans vinyl, je trouverais bien une cassette vidéo ou un vieux bouquin à me mettre sous la dent mais mon angoisse se meurt assez rapidement lorsque ouf !! je tombe sur les 45T de « papa don't preach » ; « dress you up » ; « like a virgin ». Je sort le disque de son écrin poussiéreux et je scrute à l'aide de la lumière des néons voir si aucunes égratinures n'endommage mon bébé, parcqu'il est évident que je n'achète pas un vinyl juste pour le fait de l'avoir mais parce que je possède de mes parents une très ancienne chaîne hifi triple fonction datant de la fin des années 70, imaginez donc : double K7 audio / platine vinyle et auto-radio, le tout pourvu d'un énorme casque de D.J. pour mes oreilles trop petites.

     

    Aaaah cette fameuse époque du vinyle bien révolue mais je sais qu'en tant que fan de Madonna je prends possession d'un trésor inestimable même si daté, la douce réminiscence de ces rythmes dance endiablés. On les entend à la radio, on ressent une ambiance différente lorsqu'ils résonnent en boite jusqu'au bout de la nuit, on les apprécient encore et encore sur une platine lorsque fébrilement se touchent diamant et sillon, magie opère. Le grésillement d'abord, les premières notes ensuite et Ooh surprise ! Quelque chose a changé, je découvre un nouveau son, je redécouvre le titre de Madonna, il n'est pas question d'un remix non c'est bien la version single ou edit que je connais mais je ne sais comment décrire, c'est le son du vinyl qui doit faire çà, ouais ! Unique, indémodable et pourtant paraissant si lointain.

     

    Je ressors du magasin comblé, des étoiles dans les yeux avec le sentiment qu'à commencé pour moi le début d'une longue aventure qui va perdurer des années encore. Je découvre les prémisses de ce que collection veut dire, je ne suis plus simplement fan de Madonna mais aussi collectionneur du marchandising qui en découle. Je suis fier de faire partie de son public, comme investit de je ne sais quoi que je ne peux expliquer mais qu'importe, j'ai 16 ans, tant de choses à découvrir et à aimer. En ce mois de mai 1995 je suis heureux... juste heureux.

    Franck Schweitzer


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