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     Clip-vidéo réalisé par David Fincher (réalisateur de Alien3, Seven, Fight Club), produit par Vicki Niles et d'une durée de 4'50, Vogue est une grande fresque qui rend hommage à l'âge d'or du cinéma hollywoodien des années 30/40 ; volontairement tourné en noir et blanc, histoire de donner encore plus de crédibilité et de réalisme au côté rétro-glamour du chef-d'oeuvre de Fincher, classé par la magazine Rolling Stone parmi les 28 meilleurs clips de tout les temps.
     
    Silence sur le plateau  //  Scène I-plan 1  /  Cà tourne et..... Action :
    Le rideau de plumes s'ouvre sur une gallerie de tableaux de Tamara Lempicka, au son aigü d'un synthétiseur jouant sur deux notes bientôt accompagné par des claquements de doigts faisant s'animer des mannequins de cire hommes et femmes jusqu'àlors immobiles et prenant différentes poses. Ils sont élégamment affublés de costumes trois pièces noirs et blancs, d'accessoires, de cheveux gominés soigneusement coiffés.
    plan 2
    Gros plan sur une rangée de perles sur le dos nu d'une jeune et mystérieuse femme blonde à la peau nacrée, sublimée par l'éclairage jaune daté et quasi-aveuglant, aux boucles blondes ramenés en chignon à l'arrière et une grosse masse tombant sur le devant du visage, la belle se retourne, encadre ce visage de ses mains et donne le signal « strike a pose » résonne tel un ordre, comme le laçement de quelque chose de fou, et d'extraordinaire arrivant de façon imminente. Les mannequins de font beaux, s'affairent, soignent le dernier détail d'apparence ; on fume, on patiente, on joue de son charme comme pour plaire à la blonde, seule parmi les bruns.
    Scène II-plan 1
    Les choeurs résonnent sur le premier couplet faisant écho aux fins de phrases interprêtés par -désormais- le personnage Madonna qui ne tarde pas à se dévoiler en un haut de résille noir transparent laissant deviner la forme généreuse de sa poitrine -images d'ailleurs que MTV a voulu censurer, en vain- (photo#3). Le décor quant à lui très minimaliste ne manque pas de se faire remarquer malgré tout, se fondant dans cette ambiance feutrée bourgeoise à la fois s'en démarquant (piliers grecs, rideaux de velours, chaises, escaliers)
    plan 2
    Chorégraphie parfaitement milimétré, Madonna en tailleur noir strict arborant une coupe de cheveux visiblement plus courts, plus rangée, plus masculine aussi ; le contraste ensuite lorsqu'on la voit avec une longue chevelure, raie sur le côté se refléter dans le laqué d'un piano à queue ; référence à l'actrice Veronika Lake (photo#4) dont la coiffure si particulière qui lui cachait son oeil droit, une symbolique forte qui fut imitée à l'époque et lui valu sa renommée.
    plan 3
    Second refrain, les danseurs seuls, semblent répéter les pas de façon désordonnés dans les coulisses du tournage du clip en quelque sorte, derrière eux on peux apercevoir un escabot, des projecteurs, accessoires et matériels techniques divers comme l'ultime préparation à la danse... puis tout s'enchaîne très vite « get up on the dancefloor » le personnage Madonna emboite un pas chorégraphié, combinant ainsi pas de danse et jeux de mains aux cotés d'un danseur toujours costumé, coiffé d'un chapeau rond, le poussant du coude lorsqu'il semble trop s'agiter à côté d'elle, stoïque, en attente de quelque chose.
    Scène III-plan 1
    Galerie des personnages que Madonna mime les expressions du visage et du look, notamment lorsqu'au moment où elle rappe « gave good face », le gros plan sur son visage pris d'en haut et sa troublante ressemblance avec l'actrice allemande Marlène Dietrich (photo#2). Les danseurs-mannequins plus vivants que jamais dévoilent à leur tour leur torse, laissant leur chemise au gré d'un souffle de fraîcheur rétro mais pourtant si actuel, la musique ne se résumant à ce moment-là qu'à des notes allant en parfaite synchronisation avec les images
    Scène finale
    Tout les personnages de la fresque se retrouve, l'image est dynamique, entrecoupé du visuel du début, la mystérieuse blonde nue de dos se tortille au son de Vogue, là encore faisant référence au photographe Horst P. Horst (photographe allemand, 1906-1999) et son fameux « mainbocher corset » (photo#1) , qui semble enfin -mais trop tard- la sortir de sa stature, finit par se figer définitivement sur son profil droit, en sonnant la fin du film avec un cinglant écho, un « chut ! Silence ! » qui viendrai stopper le 33T sur la platine... Alors que le personnage Madonna et ses danseurs, libres dans la coulisse « strike a pose », tel un ordre-mot donné pour le départ et pour la fin, viennent figer les mannequins de cire dans leurs mouvements théatraux, le rideau de plumes referme la scène comme il l'a ouverte, avec le même mystère, la même douceur.
     
     
     Post-it : le personnage-Madonna arbore pas moins de 6 coiffures/coiffes différentes dans ce clip.
    directeur photo Pascal Lebegne
    montage Jim Haygood
    compagnie productrice Propaganda Films
     
    (c) Franck Schweitzer

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